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Le
basin arachidier (près de 30% dela superficie du territoire
national) produit environs les trois quarts de la production vivrière
(céréales), et de la production arachidière.
Fortement peuplé et cultivé en continu dans les zones
les plus exploitées, il est en voie de dégradation
et de pauperization.
Le modèle d’exploitation mis en place depuis plusieurs dizaines
d’années est basé sur une culture principale mecanisée
et fertilisée: l’arachide cultivée en rotation avec
le mil n’a pas resisté aux evolutions climatiques. Dans
les annees 80, les rigueurs du programme d’ajustement structurel,
de pair avec une pression demographique croissante, ont definitivement
compromis le fragile equilibre anterieur. Malgrès les nombreuses
recherches et projets realizés dans cette zone au cours des
dernières décennies, peu de solutions ont eté
trouvées pour enrayer le processus en cours, et en particulier
freiner la dégradation de l’environnement ainsi que la pauperisation
urbaine et rurale.
Devant cette situation et compte tenu de l’urgence des problèmes
dans certaines parties du basin, des solutions doivent être
trouvées et mises en oeuvre. La méthodologie d’apprôche
et d’analyse à adopter devra être différente
de celles qui ont presidés aux choix des actions et des projets
précedents. Une
place primordiale devra être accordée: (i) au
savoir des paysans; (ii) aux organizations
paysannes et a leur participation a l’ensemble du processus
de developpement (choix, prise de decision, realisation, gestion);
(iii) au milieu naturel consideré dans
son ensemble, en tant que patrimoine et resource nationale
d’une part, outil de production pour des actions integrées
agro-sylvo-pastorales d’autres part; (iv) aux
differentes filières d’activités et de production
telles qu’elles se dessinent actuellement a côté de
la filière arachidière: la filière vivriere
(cereales-mil, mais, sorgho-niebe, manioc, cultures maraicheres),
la filière élevage (en particulier les activités
d’embouche), la filière arbres, ainsi que des filière
de transformation et de valorization de productions au niveau rural.
La
problématique et les enjeux du Bassin arachidier sont
étroitement lies au contexte national; néanmoins,
certains d’entre eux s’y trouvent particulièrement accentués:
densité de population elevée; milieu naturel fragile
et presentant des degrés de dégradation variables
en fonction des zones; extension des zones de culture au detriment
des paturages et des zones boisées; stagnation de l’élevage;
peu de valorization des productions au niveau rural et de diversification
des activités rurales; faiblesse des revenus agricoles qui
accentue l’exode rural (de plus en plus de longue durée);
modernization lente de l’artisanat et faible developpement des industries,
suscepibles de developper l’emploit de produire des équipements
ou du materiel nécessaire localement; approche techniciste
et dirigiste, s’adressant principalement aux homes et orientée
vers une culture centrale: l’arachide.
Les enjeux du Bassin arachidier sont donc nombreux et vitaux pour
le devenir des populations, pour l’économie nationale et
la sauvegarde du milieu. L’ancienne approche
qui a consisté a orienter le developpement du Bassin vers
la monoculture de l’arachide, au detriment des hommmes et du milieu
naturel, est perimée. Une nouvelle stratégie
de developpement prend place, petit a petit, qui réhabilite
à la fois l’homme en tant que producteur responsable et le
milieu naturel en tenant compte de ses potentialités réelles.
Une
stratégie viable de developpement rural dans le Bassin
arachidier doit tenir compte de trios
dimensions indissociables: (i) la dimension socioculturelle
qui se traduit par la prise en compte des différentes fractions
de la population (groupes ethniques, homes, femmes, jeunes) et de
leurs connaissances traditionnelles et actuelles du milieu; (ii)
la dimension environnementale qui doit
etre integrée a tous les choix technico-economiques. (iii)
la dimension economique qui doit tenir
compte a la fois des potentialités du milieu, des facteurs
de production, des possibilités de transformation et de valorization
des produits et des conditions du marché.
La prise en compte de ces trois dimensions permet de renforcer
la responsabilisation du monde rural et la mise en oeuvre de progammes
integrés prenant en compte les besoins des populations.
La raison d’ être de l’intervention proposée par le
CIRPED se justifie par: 
- le desiquilibre croissant qui se marque entre la faible productivité
de la plupart des systèmes de production et les besoins
d’une population qui ne cesse d’augmenter;
- une dynamique paysanne qui se traduit par une mobilsation au
niveau des organizations paysannes pour dialoguer avec tous les
intervenants et participer a une réflexion sur les solutions
alternatives en vue d’un developpement durable.
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